Vive les collectifs de direction…

Vendredi 21 mars 2025, en guise d’introduction à l’assemblée générale du comité FSGT : D’un côté, une association d’escalade – Quatre Plus – créée à la fin du siècle dernier et qui en plus de faire grimper ses adhérents en tête et en toute autonomie, s’oblige depuis sa création à changer sa direction tous les 3 ans. De l’autre, une toute jeune association omnisport, l’AMI (pour Association Multisport Ivry) née suite à la cessation d’activité de l’US Ivry Omnisport en septembre 2024. L’AMI qui a dû construire en repartant de zéro, ses règles de fonctionnement en associant plusieurs sections.

A l’AMI et à Quatre Plus donc, pas de présidentialisme, pas de « super militant », candidat idéal pour tout gérer. D’abord des incitations pour participer à la prise en charge des différentes dimensions de la vie d’un club. Dans des collectifs parce que c’est plus convivial et que surtout, on y est accompagné par un pair, souvent plus expérimenté. Alors d’incitation en participation, puis de participation en expérimentation, les individus prennent du galon, gagnent en compétence et en confiance. Et de fait, la participation à la direction du club est plus facile, on a moins de craintes de s’y engager. D’autant plus que là aussi, il existe un système de rotation des responsabilités. A tour de rôle, on change de président tous les 3 ans à Quatre Plus. On instaure des binômes dans les différentes fonctions du bureau. Et les anciens responsables s’attachent à accompagner dans la transition pour transmettre leur expérience.

Une expérience originale qui peut aller jusqu’à s’inscrire dans les statuts et les règlements intérieurs mais une expérience pas si unique. Le club de football à 11 « Joie de Jouer » applique la rotation de ses responsables tous les deux ans, depuis sa création, il y a bientôt 20 ans. Et comme les petits pains qui se sont multipliés, le club a multiplié le nombre de ses adhérents responsables… parmi l’ensemble des licenciés du club.

Il est plus facile de développer l’engagement dans des tâches et des projets ciblés, concrets et visibles dans le temps. En revanche il est désormais plus complexe de trouver des dirigeants pour exercer les fonctions de président, de trésorier ou de secrétaire d’association. Le poids de la responsabilité, la charge de travail et la crainte de ne pas en être capable sont autant de raisons légitimes. Surtout dans un contexte où la marchandisation des pratiques et le modèle de la prestation de services influencent le comportement des adhérents des clubs et parfois même des dirigeants. Quand ces derniers, par souci de responsabilité, s’attachent plus à la qualité du service rendu, ils en oublient les objectifs premiers : associer plus, associer mieux et développer les leviers pour inciter les adhérents à participer à la vie de l’association et aux principales décisions qui les concernent.

Ces expériences pourraient inspirer ceux qui se sentent en difficulté. Et probablement, la rotation « réglée » de la responsabilité existe plus fréquemment qu’on ne le pense dans nos clubs et dans nos structures. Une expérience à questionner et à partager…